Publié dans Coups de cœur, Romans

Au café de la ville perdue – Anaïs Llobet

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Titre : Au café de la ville perdue

Autrice : Anaïs Llobet

Date de parution : 5 janvier 2022

Editions de l’Observatoire

***

Avant 1974, Varosha était une station balnéaire florissante avec ses plages idylliques qui faisaient la fierté de Chypre. Mais aujourd’hui, de cette renommée d’antan, il ne reste que des hôtels abandonnés, des rues silencieuses et des maisons délabrées.

Le temps s’est arrêté cette année-là lorsque les Turcs ont envahi la ville, obligeant les Chypriotes grecs à fuir en laissant tout derrière eux. Car la guerre a divisé l’île en deux, opposant les Grecs aux Turcs. Varosha est désormais un no man’s land entourée de barbelés depuis bientôt cinquante ans.

Au Tis Khamenis Polis (le café de la ville perdue), une écrivaine française tente en vain de tisser l’histoire de cette ville désertée qui l’intrigue fortement mais celle-ci demeure insaisissable. Grâce à l’aide d’Ariana, la serveuse, dont les grands-parents ont vécu à Varosha, elle va enfin parvenir à entrevoir la véritable âme de la ville ainsi que ses secrets enfouis.

Je suis Anaïs Llobet depuis son premier roman et, à chacune de ses parutions, elle ne cesse de me surprendre avec ses histoires percutantes et sa plume d’une grande sensibilité.

La grande Histoire de Chypre s’entremêle ici à la petite par le biais d’une construction remarquable sous forme de patchwork. Malgré l’alternance des points de vue et des époques, le récit reste parfaitement fluide et captivant de bout en bout. L’identité, la transmission mais aussi l’amour sont au cœur de cette histoire poignante et je ne suis pas prête d’oublier l’impétueuse Aridné, la grand-mère d’Ariana.

Anaïs Llobet ressuscite Varosha avec un talent incroyable. À travers ses lignes, on ressent toute la douleur de ses habitants, arrachés brutalement à leurs terres en 1974. Dépossédés de leurs biens, de leurs souvenirs, les Chypriotes tentent de vivre avec l’ombre de cette ville fantôme qui plane désormais au-dessus d’eux, tout en gardant l’espoir de pouvoir un jour fouler à nouveau le sol de Varosha.

Une magnifique lecture, forte et dramatique. Anaïs Llobet a réussi son pari car je n’oublierai pas Varosha.

note coup de coeur

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16 commentaires sur « Au café de la ville perdue – Anaïs Llobet »

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