Ne préfère pas le sang à l’eau – Céline Lapertot

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Titre : Ne préfère pas le sang à l’eau

Auteure : Céline Lapertot

Date de parution : janvier 2018

Editions : Viviane Hamy

 

Résumé : 

«Cette sensation de fin du monde, quand tu as dix ans et que tu comprends, du haut de ton mètre vingt, qu’il va falloir abandonner la sécheresse de ton ocre si tu ne veux pas crever. Je serais restée des millénaires, agenouillée contre ma terre, si je n’avais pas eu une telle soif.
Maman a caressé la peau de mon cou, toute fripée et desséchée, elle m’a vue vieille avant d’avoir atteint l’âge d’être une femme. Elle a fixé les étoiles et, silencieusement, elle a pris la main de papa. On n’a pas besoin de discuter pendant des heures quand on sait qu’est venu le moment de tout quitter. J’étais celle à laquelle on tient tant qu’on est prêt à mourir sur les chemins de l’abîme.
J’étais celle pour laquelle un agriculteur et une institutrice sont prêts à passer pour d’infâmes profiteurs, qui prennent tout et ne donnent rien, pourvu que la peau de mon cou soit hydratée. J’ai entendu quand maman a dit On boira toute l’humiliation, ce n’est pas grave. On vivra. Il a fallu que je meure à des milliers de kilomètres de chez moi.»

 

Mon avis :

Dans une époque indéterminée, imaginez un territoire frappé par la sécheresse, où l’eau se raréfie de plus en plus. La population, assoiffée, souffre dramatiquement et n’a plus qu’un dernier recours pour survivre. Fuir, vers un pays nommé Cartimandua.

Sur cette terre synonyme d’eldorado, les habitants boivent à satiété grâce à la présence d’une énorme citerne d’eau. Après une longue marche, l’arrivée de ce peuple étranger, les « nez verts », déclenche la méfiance et l’hostilité des autochtones.

Survient alors un drame dont les conséquences sont terribles. La démocratie n’est plus, la répression s’installe et le sang coule. Pour les habitants de Cartimandua, les « nez verts » sont responsables et ils déversent leur haine sur ces migrants.

À travers la destinée de plusieurs personnages, Céline Lapertot nous livre un récit coup de poing dont les similitudes avec notre monde actuel sont frappantes de réalisme. La plume est poétique, incisive et sonne juste.

Entre révolte et colère, peur et violence, une infime part d’espoir subsiste. Certains ont choisi de résister et de lutter avec leurs propres armes. Des mots face à la tyrannie.

Un récit d’anticipation intense, reflet d’un avenir hypothétique de notre société, qui fait froid dans le dos. Un roman sur la liberté, la tolérance et la tyrannie qui remue et interpelle le lecteur. Un véritable uppercut.

note coup de coeur

3 réflexions sur “Ne préfère pas le sang à l’eau – Céline Lapertot

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